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lundi 3 octobre 2011

Les passagers de la planète Terre. Un texte de François Cavanna


Avoir davantage pitié des bêtes que des hommes, c’est pas très bien vu chez les hommes. C’est considéré comme une sorte de désertion, de trahison, voire de perversion ou d’infirmité mentale. Mais bon dieu, nous sommes hommes par hasard. Tant mieux, j’aime bien comprendre le monde. Et c’est justement parce que je suis homme que je puis transcender cet instinct grégaire, irréfléchi, purement animal qui fait se serrer les coudes aux hommes, les incite à diviniser l’homme par-dessus toute créature. Réflexe spontané, réflexe normal. Normal chez une oie, chez un phoque, chez un hareng. Un homme devrait aller plus loin. C’est parce que j’essaie d’être vraiment, pleinement homme, c’est-à-dire une bête avec un petit quelque chose en plus, que je mets sur un pied d’égalité ce qui est homme et ce qui ne l’est pas. M’emmerdez pas avec votre Saint François d’Assise, j’ai pas de paradis à gagner. Mon amour des bêtes est bien autre chose qu’un attendrissement devant le mignon minet, bien autre chose qu’une lamentation devant les espèces, j’m’en fous, je ne suis pas collectionneur d’espèces, des millions d’espèces ont disparu depuis que la première lave s’est figée. Seuls m’intéressent les individus. Mon horreur du meurtre, de la souffrance, du saccage, de la peur infligée fait de ma tranche de vie une descente aux enfers. Nous tous, les vivants, ne sommes-nous donc pas des passagers de la même planète ? L’homme n’a pas besoin de ma pitié : il a largement assez de la sienne propre. S’aime-t-il le bougre ! La littérature, la religion, la philosophie, la politique, l’art, la publicité, la science même n’intéressent les hommes que lorsqu’ils les mettent au premier plan, tous ne sont qu’exaltation de l’homme, incitations à aimer l’homme, déification de l’homme. Les bêtes n’ont pas, si j’ose dire, la parole. Elles n’ont pas d’avocat chez les hommes. Elles ne sont que tolérées. Tolérées dans la mesure où elles sont utiles, ou jolies, ou attendrissantes. Ou comestibles. Les hommes les ont ingénieusement classées en animaux "utiles" et animaux “nuisibles". utiles ou nuisibles pour les hommes, ça va de soi. Les Chinois ont patiemment détruit les oiseaux parce qu’ils mangeaient une partie du riz destiné aux Chinois. De quel droit les Chinois sont-ils si nombreux qu’il n’y a plus de place pour les oiseaux ? Du droit du plus fort, hé oui ! Voilà qui est net ! Ne venez plus m’emmerder avec votre supériorité morale. Ni avec vos bons dieux, faits à l’image des hommes, par les hommes, pour les hommes. Si les petits cochons atomiques ne mangent pas l’humanité en route, il n’existera bientôt plus la moindre bête ni la moindre plante "nuisible" ou “inutile”. Le travail est déjà bien avancé et le mouvement s’accélère. La mécanisation libèrera - peut-être - l’homme du travail "servile ". Elle a déjà libéré le cheval : il a disparu. On n’a plus besoin de lui pour tirer la charrue, il n’existe quasiment plus à l’état sauvage, adieu le cheval. Oui, on en gardera quelques-uns, pour jouer au dada, pour le tiercé, pour le ciné, pour la nostalgie. L’insémination artificielle a déjà réduit l’espèce "bœuf" à ses seules femelles. Un taureau féconde -par la poste- des millions de vaches. Oui, on s’en garde quelques-uns pour les corridas, spectacle d’une "bouleversante grandeur" où l’homme, intelligence "sublime", affronte la bête, les yeux dans les yeux … oui, on se garde quelques faisans, quelques lapins, quelques cerfs … pour la chasse. On se garde quelques éléphants pour que les petits merdeux aillent les voir dans les zoos, et quelques autres dans des bouts de savane pour que les papas des merdeux aillent y faire des safaris-photos après le déjeuner d’affaires. Pourquoi je m’énerve comme ça ? parce que je les voudrais semblables à ce qu’ils se vantent d’être, ces tas : un peu plus, un peu mieux que les autres bêtes. Mais non, ils le sont, certes, mais pas assez. Pas autant qu’ils croient. A mi-chemin. Et à mi-chemin entre ce qu’est la bête et ce que devrait être l’homme, il y a le con. Et le con s’octroie sans problème la propriété absolue de la Terre et de tout ce qui vit dessus, et même l’univers entier, tant qu’une espèce plus forte ou plus avancée techniquement mais tout aussi con ne l’aura traité lui-même comme il traite ce qui lui est "inférieur". "Inférieur", rien que ce mot ! Il y a même toute une hiérarchie.
François Cavanna


samedi 6 novembre 2010

Suite du Goéland


suite du Goéland

12/09/2010 11:42:35
Une semaine plus tard, je reçois des nouvelles du goéland toujours en revalidation au VOC Oostende.

Il est en bonne voie de guérison, toujours sous médicaments, mais sachant déjà se tenir un peu sur ses pattes.

L'ingestion d'une certaine algue lui aurait causé une intoxication alimentaire. Intoxication apparenté au botulisme, et affectant le système nerveux de l'oiseau, lui causant une paralysie partiel.
Ne sachant plus se tenir sur ses pattes, il était de ce fait incapable de prendre son élan pour l'envol.
Car la caractéristique de ces oiseaux, est qu'il doivent prendre un élan pour voler.
Il était également déshydraté.

Au VOC il a donc reçu les soins nécessaire et dés qu'il sera tout à fait remis, pourra retrouver la liberté.





Fin de l'histoire: Au centre ils ne sont pas parvenus à le sauver, malgré tous les soins.
J'ai reçu une lettre de leur part, mon goéland est mort ce 1er octobre.
Mais au moins pas seul et misérablement, mais en recevant des soins.

Comments

- 12/09/2010 12:31:26
Super ! Ils ont l'air vraiment bien au VOC d'Ostende . Pour les oiseaux, bien sûr, mais en plus, ils t'ont donné des nouvelles du goéland que vous leur aviez confié !!!
- 12/09/2010 16:56:12
Oui, ils sont vraiment très bien et très gentils et serviable. L'on me demandais si je ne pouvais pas l'apporté chez eux, mais la voiture était loin (6KM) et l'oiseau quand même fort grand, je ne disposais que d'un essuie de plage pour l'emballer, pas de boite. C'est finalement les pompiers qui sont venus avec une boite. :)) Je suis très contente d'avoir fais cela, même si notre promenade en était un peu raté. :)

Le grand goéland marin en détresse


Le grand goéland marin en détresse

6/09/2010 17:01:39


Nous promenant sur la plage de la réserve naturelle "Slikke en Schore" de Nieuport nous avons trouvé un Goéland marin. Il ne semblait pas blessé, mais ne bougeait pas.


Nous avons passé notre chemin, mais en revenant il était toujours là.
Alors je me suis approchée.
Il ne savait pas voler, ni même se mettre sur ses pattes.





Nous avons téléphoné au centre de revalidation des oiseaux de la côte belge.

VOC Oostende
Nieuwpoortsesteenweg 642
8400 Oostende
Tel: 059/80.67.66


Et sommes restés près de lui, pour que ni les gens, ni surtout les chiens ne puissent le déranger, et avons attendu que l'on vienne le chercher, notre voiture se trouvant à 6 km de là. Comme ils tardaient à venir, nous avons fait un bout de chemin jusqu'à l'estacade.
L'on nous avait dit de le recouvrir, ce que nous avons fait à l'aide d'un essuie de plage. Et patiemment j'ai attendu les secours avec l'oiseau sur mes genoux, assise sur un banc.




Grand Goéland marin

Comments

- 7/09/2010 16:02:39
quelle belle rencontre , et une histoire d'amour ! vous êtes adorables et le goëland est un oiseau que j'aime beaucoup ... à bientôt , gros bisous
- 7/09/2010 16:08:38
Merci Michèle. Ils m'ont promis de m'en donner des nouvelles.





vendredi 5 novembre 2010

Lettre d'un employé d'une fourriere

 

28/08/2010 11:05:36
*LETTRE D'UN EMPLOYE D'UNE FOURRIERE*
*
*Je crois que notre société a besoin qu'on attire son attention là-dessus.
En tant que responsable d'une fourrière , je vais partager quelque chose avec vous... un regard de l'intérieur, si vous me le permettez.

Tout d'abord, tous les vendeurs/éleveurs d'animaux devraient travailler au moins UN JOUR dans une fourrière.
Peut-être qu'en voyant ces regards tristes, perdus... les yeux troublés, vous changeriez d' avis sur l'élevage et la vente à des personnes que vous ne connaissez même pas.
Ce chiot que vous venez de vendre finira probablement dans ma fourrière quand il ne sera plus une jolie boule de poils.
Alors... comment vous sentiriez-vous si vous saviez qu'il y a 90% de chances que ce chien ne sorte jamais de la fourrière s'il y arrive seulement ? Qu'il soit de race ou non.
50% des chiens qui entrent dans mon centre, abandonnés ou venant de la rue, sont de race pure...
Les excuses les plus fréquentes que j'entends, sont :
-“Nous déménageons et nous ne pouvons pas emmener notre chat/chien”.
Vraiment ? Où déménagez vous pour ne pas pouvoir prendre d'animal et pourquoi avoir choisi cet endroit et pas un autre où vous pourriez le garder ?
-“Le chien est devenu plus grand qu'on pensait”. Et quelle taille croyiez-vous qu'un Berger allemand avait ?!
-“Je n'ai pas de temps pour m'en occuper” - C'est vrai ? Je travaille 10 ou 12 heures par jour et j'arrive quand même à trouver du temps pour mes 6 chiens.
-“Il nous abîme toute la cour” - Pourquoi ne le prenez vous pas à l'intérieur avec vous ?

On me dit toujours “Pas la peine d'insister pour lui trouver un foyer, nous savons qu'il sera adopté, c'est un bon chien”
Ce qui est triste c'est que votre animal ne sera PAS adopté.... et savez-vous combien une fourrière est stressante ?
Laissez-moi vous raconter :
L'animal a 72 heures pour trouver une nouvelle famille à partir du moment où vous le laissez.
Parfois un peu plus si la fourrière n'est pas pleine et arrive à se débrouiller pour le garder en parfaite santé.
S'il prend froid, il meurt.
Il sera confiné dans une petite cage, entouré des aboiements et des pleurs de 25 autres.
Il devra se débrouiller seul pour manger et dormir.
Il sera déprimé et pleurera constamment sur la famille qui l'a abandonné.
S'il a de la chance, et si j'ai assez de bénévoles, il pourra être sorti de temps en temps.
Sinon, il ne recevra aucune attention, sauf une assiette de nourriture glissée sous la porte de la cage et quelques giclées d'eau.
Si le chien est grand, noir ou d'une race "bull" (pitbull, mastin …), vous l'avez conduit à la mort du moment où il a passé la porte. Ces chiens ne sont généralement pas adoptés.
Peu importe qu'il soit "doux" ou "dressé"...
Si le chien n'est pas adopté dans les 72 heures suivant son entrée et que le refuge est plein, il sera sacrifié.
Si le refuge n'est pas plein et que le chien est suffisamment gentil et d'une race attractive, il est possible que son exécution soit repoussée, mais pas pour longtemps.
La plupart des chiens sont mis en cages de protection et sont sacrifiés s'ils montrent la moindre agressivité.
Même le chien le plus calme est capable de changer dans un tel environnement.

Si votre chien est contaminé par la toux du chenil (traquéobronchite infectieuse canine) ou toute autre infection respiratoire, il sera sacrifié immédiatement, simplement parce que les fourrières n'ont pas les moyens de payer des traitements à 150 euros.
Et voici quelque chose sur l'euthanasie pour ceux qui n'ont jamais été témoins de comment un animal parfaitement sain sera sacrifié :
En premier lieu, il sera sorti de sa cage en laisse.
Les chiens pensent toujours qu'ils vont se promener, ils sortent heureux, remuant la queue... jusqu'à ce qu'ils arrivent à la "chambre", là ils freinent tous des 4 pattes.
Ils doivent sentir ou capter la mort ou sentir les âmes tristes qui ont été laissées là.
C'est bizarre mais ça arrive avec tous sans exception.
Le chien ou chat sera tenu par 1 ou 2 techniciens vétérinaires, en fonction de sa taille et de sa nervosité.
Ensuite, un spécialiste de l'euthanasie ou un vétérinaire entamera le processus de trouver une veine dans sa patte avant et il lui injectera la dose de “substance rose”.
Espérons que l'animal ne prenne pas peur en se sentant immobilisé. J'en ai vu se griffer eux-mêmes et finir couverts de leur propre sang, rendus sourds par les aboiements et les cris.
Tous ne “dorment” pas immédiatement. Parfois ils sont pris de spasmes pendant un instant et se souillent.
Une fois terminé, le cadavre de votre animal sera empilé comme un bout de bois, dans un grand congélateur, avec tous les autres animaux en attendant qu'on vienne les chercher comme des déchets.
Qu'arrive-t-il ensuite ? Il sera incinéré ? Ils le conduisent à la décharge ? Ils le transforment en nourriture pour animaux? Vous ne le saurez jamais et vous ne vous poserez probablement jamais la question.
Ce n'était qu'un animal et vous pouvez toujours en acheter un autre, non ?

J'espère que si vous avez lu jusqu'ici, vous avez eu les yeux troublés et que vous ne pouvez pas vous sortir de la tête les images qui occupent mon esprit tous les jours quand je rentre chez moi après le travail.
Je déteste mon travail, je déteste qu'il existe et je déteste savoir qu'il existera toujours à moins que vous changiez et vous rendiez compte des vies que vous gâchez, bien plus nombreuses que juste celle que vous laissez à la fourrière.
Entre 9 et 11 millions d'animaux meurent quotidiennement dans les fourrières et vous êtes les seuls à pouvoir arrêter cela.
Je fais tout mon possible pour sauver les vies que je peux mais les refuges (fourrières) sont toujours pleins et chaque jour il y a plus d'animaux qui entrent que ceux qui sortent.
Je veux juste insister sur ce point : NE FAITES PAS D'ELEVAGE OU N'ACHETEZ PAS D'ANIMAUX TANT QU'IL Y EN A QUI MEURENT DANS LES FOURRIERES.
Détestez-moi si vous voulez. La vérité est douloureuse et la réalité est ce qu'elle est.
J'espère juste qu'avec ce texte au moins une personne aura changé d'avis sur l'élevage et l'abandon de son animal dans une fourrière ou sur l'achat d'un chien.
Espérons qu'un jour quelqu'un vienne à mon travail et me dise "j'ai lu cela et je veux adopter".
Ca vaudrait la peine.

Si vous voulez que la situation change, renvoyez ce texte à tous vos contacts.

Jazz M. Onster.